LA CHAPELLE
DU
PETIT
SAINT LOUP
Suivons le guide...
Nous allons achever la tournée de nos
chapelles, par une chapelle qui a longtemps fait partie de la paroisse de Lanloup. Son nom évocateur de chapelle du Petit Saint Loup, ne saurait prétendre le contraire.
Située à environ 1 km 500
de Lanloup, la chapelle du Petit Saint Loup est construite sur la colline verdoyante d'où l'on surplombe Lanloup.
Dédiée à Notre Dame des
Douleurs, puis à Notre Dame des Vocables, ensuite à Notre Dame de la Pitié, pour enfin devenir chapelle du Petit Saint Loup... Elle se trouve mentionnée dans une charte de l'Abbaye de
Beauport de Paimpol en 1258.
La chapelle du Petit Saint Loup, aux portes de
Lanloup.
Par respect envers nos
ancêtres à travers le temps, en témoignage de leur labeur, de leur dévotion et de leur culture, de nombreuses associations se sont créées dans le but de restaurer nos chapelles qui se dégradent
et de faire revivre les traditions à travers les pardons.
La chapelle du Petit Saint
Loup, a elle aussi bénéficié du secours associatif.
En l'an IV, le 8
Fructidor, elle connut la privatisation. Elle fut vendue pour 231 livres à Julien Le Tarin, cultivateur à Plouézec.
Saint LOUP
C'est seulement le 8 Août
1814, qu'elle redevint la propriété de la commune de Plouézec. Depuis, sa sainte patronne s'y trouve honorée le troisième dimanche de ce mois. La chapelle fut rattachée à la paroisse de Lanloup
en 1924, elle-même rattachée par la suite à la paroisse de Plouha.
L'édifice dans sa forme
actuelle de croix latine date du début du XIXème siècle, d'une envergure de 20 mètres 50 de long sur 5 mètres 20 de large. Il remplace une précédente construction du
XIIIème. Il fut restauré pour la dernière fois en 1961, soit 47 ans après être devenu la propriété de la commune.
Un clocher original
Comme la plupart des
chapelles, celle du Petit Saint Loup s'est vue amputer de son clocher et ne l'a jamais retrouvé, contrairement à sa cousine notre bien aimée Saint Colombe. Qu'est-il
devenu ?
Cependant, pour rassembler
les fidèles, la cloche durant des années, avait élu domicile dans un vieux hêtre côtoyant la chapelle, avant d'être fixée à deux poutres traversant la toiture, ce qui en fait son
originalité.
Un très beau
chancel du XVIème siècle.
C'est avec une certaine stupéfaction que l'on pénètre dans la chapelle pour
ce trouver face à un chancel ou (cancel selon les dictionnaires) surmonté d'un Christ du XVème siècle.
Cette grille de bois (devenue rare) munie d'une porte avait pour mission de
diviser la chapelle en deux, mais pas que la chapelle, la population également.
Le charme de cette chapelle.
On ne mélangeait pas à l'église, les pauvres et les riches ; ces
derniers avaient le privilège de pouvoir prier dans le chœur et dans les transepts. Les pauvres devaient se contenter de méditer dans la nef. Ce Chancel, qui donne un cachet exceptionnel à ce
lieu est classé par les Beaux Arts.
En 1990, le curé de Plouha, qui desservait à Lanloup, lance un cri d'alarme concernant l'état de la chapelle, dépourvue
d'électricité...
L'autel
démonté, pour être restauré.
En effet si l'aspect extérieur demeurait assez flatteur, l'intérieur
relevait de la plus grande vétusté, avec des infiltrations d'eau et leurs conséquences dévastatrices. Le chœur était à refaire, ainsi que le pavage, la voûte, la toiture
etc...
Le choeur sera à peindre.
Devant cette situation peu
acceptable, ses prières furent entendues par un conseiller municipal qui, sensibilisé, mit en place une association. Ce qui permit de vaquer aux tâches les plus urgentes. Des bancs ont ainsi été
réalisés dans le bois des arbres déracinés par l'ouragan dévastateur de 1987, qui gisaient autour de la chapelle.
Puis il a été procédé à la
réfection de la voûte et au renforcement de la poutre qui la soutient. L'association qui n'avait que pour seule ressource les festoù-noz (fêtes bretonnes de nuit), organisés pour célébrer le
pardon, fut aidée par la municipalité et la direction des Affaires Culturelles.
La toile d'Aîné
Loyer réalisé en 1829.
L'association prit également à sa charge, la restauration d'une toile de 1
mètre 63 sur 1 mètre 42, représentant une descente de croix, réalisée par Aîné Loyer, peintre à Etables en 1829.
C'est au fond d'un placard
à balais que cette toile fut découverte. Une âme charitable l'y avait déposée pour la mettre « à l'abri » des infiltrations d'eau, mais pas des coups de balais...
En état de fragments, elle
était malgré tout récupérable. Elle prit le chemin de l'atelier de restauration de François Bailly à Paris. La restauration a coûté 5390 €, avec une participation de 40 % du Conseil Général.
L'autel restauré.
Il y a environ deux ans,
l'autel est également parti en restauration dans le Morbihan et a retrouvé son emplacement dans toute sa splendeur.
Quel plaisir de constater qu'il existe encore des villages où les habitants s'intéressent encore aux vieilles pierres, et qui prennent la peine de les restaurer et de les entretenir!